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De survivante à cheffe d'entreprise : le pari de la réinsertion socio-économique à Kamituga
2026-08-12
De survivante à cheffe d'entreprise : le pari de la réinsertion socio-économique à Kamituga
Avec le financement du WPHF et d'ONU Femmes RDC, PIFEVA a bâti à Mwenga un dispositif complet de promotion des droits des femmes et de relèvement économique. Trois axes, 22 villages, un centre de formation — et des trajectoires individuelles qui racontent le reste.
Le projet avait un objectif clair : renforcer les mécanismes locaux de promotion et de protection des droits des femmes et des jeunes filles, et appuyer l'autonomisation socio-économique des femmes et filles vulnérables et marginalisées sortant des conflits armés en territoire de Mwenga.
Axe 1 — Mobiliser les communautés
Vingt-deux Noyaux locaux de lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre ont été mis en place dans 22 villages ciblés. Ils réunissent des membres des communautés, y compris les leaders traditionnels et les autorités politico-administratives, ainsi que les femmes vulnérables et marginalisées elles-mêmes. Leur action combine sensibilisations de proximité, émissions radiodiffusées, actions de plaidoyer et marches de revendication contre les VSBG.
Axe 2 — Faire émerger une génération de femmes leaders
120 femmes leaders et potentielles leaders, dont des jeunes filles, ont été formées et accompagnées à travers trois Pools de mentorat et coaching féminin installés à Mwenga centre, Kamituga et Kitutu. Ces pools jouent le rôle de pépinière : ils préparent des femmes proactives à accéder aux instances décisionnelles locales et communautaires, pour amplifier la voix des femmes et faire progresser concrètement l'égalité entre les sexes.
Axe 3 — Un métier, un capital, une autonomie
300 femmes et jeunes filles vulnérables victimes des conflits armés ont été prises en charge par le Centre de Réinsertion Socioprofessionnelle et Économique créé à Kamituga. Elles y suivent un apprentissage en couture, coiffure ou fabrication de pains, complété par un appui technique à la création, à la gestion et à la pérennisation de leur activité génératrice de revenus.
L'histoire d'Hélène
Hélène Kasindila, 47 ans, mère de sept enfants, survivante de viol, avait été abandonnée par son mari à la suite de l'agression subie à Kasaga en novembre 2019. Ses enfants avaient quitté l'école faute de frais scolaires. Identifiée et sélectionnée en mai 2021, elle a suivi de juin à décembre 2021 le programme semestriel de formation en fabrication de pains du centre de Kamituga, complété par une formation à la création et à la pérennisation d'une AGR.
À l'issue de sa formation, elle a reçu un kit de réinsertion — un sac de 25 kg de farine, un bidon de 10 litres d'huile végétale, 10 kg de sucre et divers accessoires — qui lui a permis de lancer sa propre production et vente de beignets ndazi dans son quartier de Kabukungu. En deux mois d'activité, son capital est passé de 100 000 à 175 000 francs congolais.
« Depuis que j'ai démarré ce travail, mes enfants ne dorment plus sans manger. Ce travail me permet de recouvrer mon honneur et ma place en tant que femme cheffe de ménage, dans ma famille et dans ma communauté. »
— Hélène Kasindila, bénéficiaire du projet, Kamituga
LE PROJET EN CHIFFRES
22 Noyaux locaux de lutte contre les VSBG créés
22 villages ciblés
120 femmes leaders formées
3 pools de mentorat et coaching féminin
300 femmes et jeunes filles réinsérées
1 Centre de réinsertion socioprofessionnelle et économique à Kamituga